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L’histoire universelle pour les nuls et les fauchés…

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Ma bibliothèque, c’est la loi de la jungle, celle de l’ultralibéralisme : seuls les livres lus et appréciés survivent. Sinon, ils finissent dans un des gros cartons stockés dans mon mini-couloir et terminent leur vie dans… la cave.

Un livre a récemment survécu à cette sélection draconienne : Toute l’histoire du monde de Barreau et Bigot, au livre de Poche, à 6,5 euros.

Franchement, je savais qu’il existait une “Histoire de France pour les nuls”, mais là une “Histoire Universelle” en 400 petites pages, ça sentait l’arnaque.

Mais en fait, non : le pari est réussi.

Bien sûr, “l’histoire du monde” est souvent réduite à celle de l’Occident (il fallait s’y attendre…) mais des passages conséquents évoquent la Chine, le Japon, l’Amérique, l’Islam et le Judaïsme. Sachant que le livre s’achève sur les attentats du 11 septembre…

C’est un plaisir de lecture (presque romanesque) et le rythme est soutenu : on ne s’attarde ni sur les événements ni sur la psychologie des grands personnages. Ainsi pour la Rome antique, on passe de -753 à 410 en 25 pages…

Certains mouvements de fond sont à peine évoqués et laissent un goût amer et inquiétant. Exemple, p86, à la fin du chapitre sur l’ Empire romain :

“Et puis il ne faut pas oublier l’esclavage (?!). Certes les esclaves domestiques étaient bien traités (?), souvent affranchis, et alors ils pouvaient accéder aux plus hautes charges. Mais Rome a connu une servitude de masse avec des milliers de morts-vivants dans ses latifundia et ses mines.

Toutefois, malgré ces horreurs, l’impérialisme romain n’a pas laissé un trop mauvais souvenir.”

Voilà : de tels passages, assez contradictoires voire ambigüs, laissent pantois.

On peut également reprocher un usage assez discutable du conditionnel passé, notamment lors de la débâcle française de 40. Extraits croustillants : “Si la France avait réagi en 1936, la Seconde Guerre mondiale n’aurait pas eu lieu!” ou encore le savoureux ” la marine française aurait été redoutable si elle avait combattu”…

Manifestement avec des “si”, on peut au moins écrire des livres d’histoire.

Mais bon, à, part ça, ce bouquin à au moins trois grandes qualités :

1. Il nous rafraîchit la mémoire.

Il nous rappelle nos merveilleux cours d’histoire et les images d’Epinal qui vont avec. Sans oublier les phrases, scènes et expressions célèbres (du Rubicon à l’appel du 18 juin en passant par 1515). Exemple original : Talleyrand : “On peut tout faire avec des baïonnettes, sauf s’asseoir dessus…”

2. Il utilise des références littéraires pour illustrer ses propos.

Exemple : citation de Céline au sujet de la drôle de guerre (attente passive de l’ennemi sur la ligne Maginot) et de l’Exode de 40 (marche forcé jusqu’en zone libre) : “Six mois de belote, trois semaines de course à pied”.

3. Il rappelle la valeur du soldat français et l’intensité des sacrifices humains consentis pour notre liberté. 

Propos du Général Von Kluck en 1915 devant le tribunal prussien qui le jugeait responsable de la contre-offensive française :

“Qu’avez-vous à me reprochez ? Nous sommes tous responsables de la défaite (allemande). Car, qu’après une retraite infernale, avec les effroyables souffrances endurées, il y eut au monde un seul soldat encore capable de se relever ou d’attaquer… et que ce soldat fût le soldat français, cela, on ne nous l’avait jamais appris dans aucune de nos académies de guerre!” 

Français, n’oubliez jamais.

A lire… notamment dans le Métro et les salles d’attente !

Jean Seberg : extrait de “Concentré de contre-culture” de B. Benderson

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Extrait du Concentré de contre-culture de Bruce Benderson (éditions Scali), au sujet de Jean Seberg :

“… Rien ne parvenait à la définir : elle n’était ni une star hollywoodienne, ni l’îcône de la nouvelle vague, ni une militante gauchiste.

Elle adhéra même un temps aux idéaux des Black Panthers, mais pour contrecarrer son engagement, le FBI fit circuler la rumeur selon laquelle son bébé était noir, et peut-être à cause du traumatisme que cela déclencha, son enfant mourut à la naissance.

Chose ahurissante, Seberg l’exhiba dans son cercueil de verre afin de prouver aux médias qu’il était blanc.

Mais pourquoi? Pour démontrer au public qu’elle n’avait pas été infidèle à son mari ? Qu’elle n’avait pas partagé sa couche avec un noir ? Pour mettre à jour les manipulations du FBI? Rien de tout cela n’offre d’explication satisfaisante…”

En extrait, Jean Seberg en action, avec les inévitables séquences d’A bout de souffle.

A noter : Jean était plus populaire en Europe qu’aux US où elle n’était célèbre que dans les milieux branchés ou arty.