Cours du soir de l’Ecole du Louvre n°9 : l’Art Romain

octobre 31st, 2008 § Laisser un commentaire

Mercredi soir, Daniel Roger, conservateur du patrimoine au Louvre nous a proposé un superbe cours sur l’Art romain (plutôt centré sur la sculpture).

Cette séance ne manquait ni d’humour ni d’intelligence ni d’images ni de précisions. Bref un vrai festival et un grand moment d’apprentissage.

Je ne vais pas refaire le cours mais la conclusion de Roger est la suivante : l’Art Romain n’est pas hétéroclite (dans ses influences et réalisations) mais il est polysémique (c’est-à-dire qu’il a plusieurs significations).

Grosso modo, l’Art romain antique est moins raffiné que l’Art grec, mais ce n’est pas un hasard. Le destin de Rome est bien plus chaotique… politiquement et géographiquement.

De l’influence étrusque (la civilisation qui occupait la péninsule italienne juste avant les romains) et hellénistique jusqu’à l’ère chrétienne, la sculpture romaine s’est constamment adaptée à la réalité sociale du moment.

Là où les grecs sculptaient des divinités hiératiques intemporelles, Rome montrait des hommes, idéalisés certes, mais toujours impliqués dans la vie de l’Urbs.

L’Art Romain n’est donc pas religieux, ou pas seulement : il est éminemment politique et flirte avec la propagande.

Cette inscription de l’Etre dans le temps et le monde est flagrante dans les les bustes (que Roger appelle des “portraits”). Les visages des patriciens montrent des valeurs morales républicaines : dignité, gravité, austérité, frugalité. Les femmes manifestent par les détails de leur coiffure leur proximité avec la cour du nouvel l’empereur.

Et il en sera ainsi jusqu’au IV ème siècle après J-C : le moinde détail d’une sculpture est signifiant et exprime une volonté politique. Une chevelure évoque Alexandre le Grand et la Grèce antique; une barbe, la philosophie stoïcienne; un regard, le pouvoir militaire et des sandales impériales, le goût du monarque pour… la boxe (pugilat).

Bref, l’art romain n’est que politique, l’humain y est toujours lié au divin et la sculpture d’Auguste ci-dessus le montre bien.

Auguste aux traits apolloniens idéalisés, au drapé et à la posture grecques, marque son appartenance à la famille de Julius César à l’aide du petit Eros qui renvoie à Vénus, l’ancêtre mythique de la dysnatie des Julii. Et les détails grandioses de son armure narrent la récupération glorieuse (sous les auspices de multiples divinités) des enseignes romaines dérobées puis rendues par les Parthes.

Tout a un sens, rien n’est laissé au hasard et c’est justement ce César Auguste qui a institué la propagande politique artistique pour installer son règne impérial. Cette profusion de significations contemporaines semble avoir saturé la création artistique romaine.

Là où les grecs visaient l’Essence et l’Idéal, les romains sont restés républicains et… si humains.

8 et 9 novembre : Salon du Livre du Touquet/ La collection “La brune” à la libraire Le Merle Moqueur

octobre 28th, 2008 § Laisser un commentaire

1. Participation au Salon du Livre du Touquet-Paris Plage le samedi 8 novembre de 11h à 19h (avec une pause déjeuner… plus ou moins longue !).

2. Participation à la rencontre autour de la collection “la brune” des éditions du Rouergue.

“La brune” fête ses dix ans à la Librairie du Merle Moqueur (51 rue de Bagnolet, 75020, M° Alexandre Dumas; plan et site ici) le dimanche 9 novembre à 17 h.

En présence de Sylvie Gracia, directrice de la brune, ainsi que huit de ses auteurs : Claudine Galea, Fabienne Juhel, Skander Kali, Pascal Morin, Jean-François Paillard, Gilles Perez, Emmanuelle Peslerbe, Marie-Sabine Roger, Frank Secka

Rencontre animée par Willy Persello.
Lecture proposée par Jean Guiet de La Voie des livres.

Cours du soir de l’Ecole du Louvre n°7 : La formation de l’art grec

octobre 21st, 2008 § Laisser un commentaire

(brève synthèse du premier cours du soir de l’école du Louvre sur l’Art grec)

Quand commence l’Art grec ? Et surtout comment commence-t-il ?

Si j’ai bien compris le passionnant cours de Madame Néguine Mathieux du 15 octobre 08, tout débute après l’effondrement de la civilisation mycénienne (vers 1200 av. J.-C.) avec des amphores en céramique recouvertes de figures géométriques (des lignes, des cercles concentriques…). On en retrouve datant de l’an 1000 dans des nécropoles (notamment celle d’Athènes). Les archéologues les appelle des “vases cinéraires” (destinés à recevoir les cendres d’un mort).

Les motifs se complexifient et on obtient, dès 760 av. J.-C., de véritables chefs-d’oeuvres (amphores du Maître de Dipylon; celle ci-dessus, conservée au Louvre, mesure 1m55)  où apparaissent des formes humaines (corps triangulaires…) pleurant le défunt.

Mais le VIIIème siècle est également celui de la mythologie avec Homère et Hésiode : la dévotion (notamment à Olympie) requiert des offrandes. Des figurines votives (représentant des animaux) et des chaudrons aux anses décorées (représentant des guerriers, des héros, des minotaures…) sont offerts aux dieux.

La fin de ce siècle marque le début de la période orientalisante (influence de l’Assyrie). Celle-ci culminera avec des oeuvres comme l’Oenochoé Levy (640-630 av. J.-C.; conservée au Louvre; voir une photo ici) qui mêle silhouettes d’animaux réels (bouquetins…) et créatures fabuleuses (griffons et sphinx) importées d’Orient.

Cette période marque l’émergence, vers le milieu du VIIème siècle av. J.-C., d’une sculpture où la figure humaine devient prédominante. L’oeuvre la plus célèbre de cette époque est la mal-nommée “Dame d’Auxerre” en calcacaire (d’origine… crétoise et ne mesurant que 75 cm, une photo ) qui était originellement polychrome.

Progressivement, le geste se libère, le mouvement s’ébauche. Vers le VIè siècle, les statues, désormais en marbre des Cyclades (Naxos, Paros…) sont de taille humaine ou colossale : ce sont les fameux couros (masculin, couroi au pluriel; image de bel athlète ou guerrier) et coré (féminin, corai au pluriel; jeune grecque parée pour célébrer les cultes d’Arthémis ou d’Athéna). Notons qu’à cette même époque apparaissent les premières signatures d’artistes sur des oeuvres.

Durant des décennies, les draperies des corai se complexifient, tandis que la musculature des couroi s’affine : le mouvement remplace leur rigidité frontale, notamment avec le fameux “cavalier Rampin” (ci-dessus) , statue équestre datant de 550-540 av. J.-C..

Le cours a également abordé la différence entre les architectures de temples doriques et ioniques ainsi que les poteries à “figures noires” puis à “figures rouges” (voir l’article wikipedia en complément ici).

France Culture, le merc. 8 oct. 15h/ 13ème Salon de la Plume Noire 10-11 oct.

octobre 5th, 2008 § Laisser un commentaire

1. Participation à l’émission “A plus d’un titre” de Tewfik Hakem (et Jacques Munier) sur France Culture le mercredi 8 octobre à 15h.

L’émission est désormais en ligne : on peut l’écouter  pendant 8 jours après sa diffusion sur les ondes…

 

2. Rappel : Participation au 13ème Salon du Livre de la Plume Noire le 10 et 11 octobre 2008 (tous les détails ici):

- le vendredi 10 à 18h30 au Musée de la Poste, 34 Bld de Vaugirard 75015 Paris :

Ouverture officielle – Remise du Prix Senghor -1er roman francophone 2008, en présence de la presse et des personnalités politiques et culturelles -Lectures d’extraits des 3 premiers romans arrivés en tête.

- Le samedi 11, Table ronde de 11h55 à 13h10 Bibliothèque de Vaugirard – 154 rue Lecourbe, 75015 Paris :

“Actualité littéraire et premiers textes francophones” avec Skander Kali, Anne Sylvie Sprenger, Joseph Ndwaniyé, Marylinn Maurage, Salla Dieng, Mélanie Gélinas (Québec)
Animation : Catherine Fruchont Toussaint RFI) – Dédicaces.

 

3. Quelques liens :

- Sur le site culturel fluctuat : un  entretien ici et un article sur Abreuvons nos sillons, .

- Edition web du quotidien francophone algérien El Watan : un article ici.

Où suis-je ?

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