« La face cachée » : la face la plus intéressante.

Une très bonne surprise que cette »Face cachée » de B.Campan.

Le titre fait vaguemement penser au « Faces » de Cassavetes : j’y vois quelques points communs mais surtout le goût de la description psychologique vive et plutôt cruelle.

Le film est parfaitement construit et on sent le scénario très travaillé.

lafacecachee.jpgL’histoire s’ouvre sur un personnage (le mari interprété par Campan) dont on suit les micro-aventures et les monologues . Puis, progressivement, apparaît la figure de la femme (Karine Viard) légère, simple et plutôt déconneuse.

C’est donc un couple dans la bonne quarantaine qui nous est décrit. Les métiers respectifs ne nous sont pas précisés (pour laisser une liberté interprétative?) mais on suppose que l’homme est un intellectuel, ne serait-ce que par sa capacité à se prendre le chou pour pas grand-chose.

Bref, on sent poindre la crise du couple sans enfant. D’autant que la femme fréquente un autre couple dont elle semble très proche : le trio s’entend comme larron en foire et cette complicité laisse présager le pire (ou le meilleur…).

Entre introspection, discussions agacées, incompréhensions et quiproquo, le spectateur attend le KO et se demande d’où va surgir la faille. Alors que, régulièrement, des scènes d’aveux de personnages inconnus (type psychothérapie de groupe) viennent ponctuer le film.

Le malaise grossit, on fait des hypothèses, on cherche des indices, on en trouve, mais ce sont des fausses pistes : ce film est une véritable enquête psycho-policière. Et « la chute », ou le dénouement final, nous fera comprendre la totalité du film. D’ailleurs, à la fin, les scènes, en flash-back sont rediffusées et éclairent a posteri tout le drame.

J’ai beaucoup aimé.

C’est un film assez lent, un drame psychologique, pas un film d’action. Mais l’ensemble est remarquablement construit, on rentre dans l’histoire et les personnages sont à la fois proches de nous et très lointains par leur complexité.

La bande-annonce reprend la structure du  film : d’abord Monsieur (Campan, ses monologues et ses doutes), ensuite Madame (Viard, ses incompréhensions et ses aveux).

L’ensemble est rythmé par une sonate que le héros tente laborieusement de jouer au piano tout au long du film : une métaphore de la difficile harmonie du couple ? Ou de la difficulté à jouer son rôle (sa partition) de conjoint ?

En tout cas, le couple comme une enigme, sur soi et sur l’autre, est une idée brillamment traitée dans ce film.

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