“Rome”, la série : amours, marxisme et cruauté….

décembre 28th, 2007 § Laisser un commentaire

rome.jpgGrâce à un ami (S. si tu me lis…), j’ai pu voir les saisons 1 et 2 de Rome (il n’y aura pas de saison 3 : les décors ont brûlé lors de l’incendie de Cinecitta, cet été). C’est disponible en coffret DVD, mais honnêtement, je trouve ça assez cher : autour de 40 euros l’unité, bonus intéressants compris.

Bref, j’ai dévoré cette série, au point de m’envoyer près de 4 épisodes à la suite.

Pourquoi ?

La raison en est évidente : cette série montre la Rome antique, telle qu’elle était. Ou presque. Le spectateur sait intuitivement que l’Urbs était ainsi : brutale, perverse, cruelle, passionnée, injuste et inhumaine.

Jusqu’à maintenant, exception faite de Gladiateur, on nous a montré (et on nous a fait lire…) une Rome de beaux esprits, certes un peu malsains et violents mais raffinés voire impériaux dans tous les sens du terme.

Là, en suivant les aventures de Lucius Vorénus et de Titus Poulo, deux soldats de la plèbe, on découvre l’envers du décor romain : celui de l’Aventin (colline de Rome habitée par le peuple, les commerçants et la pègre) et celui des magouilles politiques sanglantes qui sollicitent la force et la ruse de nos deux héros populaires.

Mais Vorénus et Poulo incarnent bien plus que deux soldats. Ils représentent une puissance sociale déterminante à Rome, celle du Peuple (cette plèbe que l’on retrouve dans l’expression Senatus PopulusQue Romanum, SPQR).

Cette puissance est incontournable et s’exprime deux manières : la démographie (et les demandes de terres et de nourriture qu’elle implique) et… l’opinion publique (par exemple, après le meurtre de César, Marc Antoine, populaire, excite la foule contre les meurtriers).

Mais le Peuple transforme l’Histoire d’une autre façon : par le sens de la famille et les sentiments (amitié et fraternité).

Car les auteurs de Rome ont parfaitement montré (de manière un peu trop mélodramatique parfois…) que l’émergence des sentiments et de l’affection transforme le monde.

Ainsi l’amour exclusif pour le conjoint aménera la condamnation officielle de l’adultère (décrétée par Octave en saison 2). L’amour de la famille transformera le rôle de la Femme romaine vertueuse (matrone) dont le pouvoir s’affirme de tous côtés. Enfin, le deuil (douleur provoquée par la perte d’un être cher, scènes omniprésentes dans Rome) pose la question de l’au-delà et donc de la religion…

Sans oublier l’émergence de la Culpabilité, avec la figure de Brutus qui trahit son père adoptif (César) : la trahison de l’amour filial est un péché qui sera puni par la défaite.

On est à deux doigts du Christianisme qui mettra l’Amour au centre de la vie sociale et se présentera comme une opposition à la cruauté ambiante.

Et c’est peut-être la volonté, très américaine et très puritaine, des auteurs de la série : nous montrer une Rome dépravée et monstrueuse attendant… la Rédemption et le Messie.

Une série à voir, pour se faire une idée.

En extrait, l’assassinat de Jules César par Brutus. La réalisation nous a épargné le fameux “Tu quoque fili mi” peu crédible…

PS : mon chouchou dans la série, c’est Marc Antoine. Sûrement un souvenir de Richard Burton et d’Elisabeth Taylor au temps des Péplums.

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