Flesh : Joe Dallesandro : premier homme-objet bisexuel ?
La photo représente la couverture du premier album des Smiths (The Smiths) sorti en 1984. Elle reprend une image de Joe Dalessandro tirée du film Flesh (1968), réalisé par A.Warhol et Paul Morrissey (à ne pas confondre avec le… Morrissey chanteur des Smiths. L’homonymie est un pur hasard).

Avant d’être une icône gay (ou bi), Dallessandro a d’abord été un membre de la Factory où son corps d’athlète et sa beauté firent chavirer les coeurs des hommes et des femmes. Il devient rapidement la star warholienne par excellence et tourna plusieurs films arty (les plus connus sont Flesh et Trash). Ces films new-yorkais, ultra-intimistes et statiques, seront classés “expérimentaux” : plans fixes, dialogues minimums, répliques crues (”Can I suck your cock?”) et nudité quasi-intégrale des acteurs.
Dans ce cadre, Joe Dallesandro et son physique d’Apollon, crève l’écran. Il est défoncé lors des tournages (coke/héro) et cela renforce son côté complétement largué.
Son flegme, son élocution blasée et sa patience en font ainsi un acteur parfait pour ce type de film au scénario à encéphalogramme plat.
Mais ces caractéristiques lui permettent surtout une chose : d’être considéré comme un simple corps, comme un simple objet de désir sexuel. Dès 68, Dalessandro a incarné l’homme qui se laissait faire, qui subissait le désir au lieu de l’éprouver.
On a souvent dit qu’il annonçait le “métrosexuel”, beau et passif, type David Beckham. Ce n’est pas faux.
Mais moi, il me rappelle surtout les héros drogués et perdus de Less than zero de Bret Easton Ellis.
A noter : Joe Dallesandro est né en 1948. Il est aujourd’hui vivant et en bonne santé. Il a survécu aux excès des années Factory, ce qui est une forme d’exploit.
En 1975, il a joué dans Je t’aime moi non plus de Serge Gainsbourg.
Il est toujours acteur et tourne régulièrement.
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