Les Blacks Panthers : « Concentré de Contre-Culture » de B. Benderson

Le Concentré de Contre-culture (paru aux éditions Scali) est un ouvrage qui présente, de manière alphabétique et agréable (iconographie super cool), les principaux acteurs de la culture underground US des années 60.

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L’auteur a été un des acteurs de cette contre-culture. Il est en plus francophone, ce qui lui permet d’établir quelques relations avec la culture alternative française et européenne (68, José Bové, Debord, Jacques Ellul…).

Pour le mouvement des Blacks Panthers, Benderson s’est intéressé à la figure d’Eldridge Cleaver, ministre de l’Information des Black Panthers et auteur à succès d’Un noir à l’ombre (écrit en 68 et élu best-seller de l’année par le New York Times).

Le parcours de Cleaver (noir, peu éduqué et ancien délinquant), ses propos et ses contradictions sont symptomatiques de ce mouvement de rebellion légitime mais aux extrêmes intolérants et auto-destructeurs.

Citation d’Un Noir à l’ombre : « L’homosexualité est une maladie, tout comme le fait de violer des bébés ou de vouloir devenir le patron de General Motor. »

Propos qui ne manquent de s’opposer à toute logique puisque les Black Panthers finiront par s’associer aux mouvements de libération gay.

Cleaver semblait obsédé d’ailleurs par le sexe.

Selon Benderson, « il partait de ce postulat simple : la perte du pouvoir masculin noir sous l’oppression blanche équivaut à la castration, et pour améliorer des relations souvent problématiques entre hommes et femmes noir il suffit de retrouver des « couilles »… ».

Cleaver, inculpé plusieurs fois pour viol, proposait donc le machisme pour arranger le sort des noirs…. Inquiétant.

Deux jours après l’assassinat de Martin Luther King, Cleaver prend les armes à Oakland. Et ça donne une fusillade d’une heure trente contre la Police.

Cleaver déclare : « Je peux affirmer devant tout le monde que ça a été ma première expérience de liberté. J’ai été libre pendant une heure et demie, et pendant tout ce temps les forces répressives n’ont pas pu me maîtriser, vu qu’on leur tirait dessus… »

La violence brute et meurtrière comme libération : la fin des Black Panthers est proche malgré les acquis concrets et l’amélioration relative de la condition noire (éducation, santé, alimentation…).

Cleaver, condamné, finit par s’exiler en Europe puis dans des pays non-alignés ou socialistes (Algérie, Corée du Nord, Ouganda d’Amin Dada ! …) et finit par regretter… l’Amérique et ses flics (« j’ai commencé à comprendre qu’avec tous les problèmes que nous rencontrions aux Etats-Unis, nous avions le meilleur gouvernement de la planète »).

Il meurt en 1998 après d’autres aventures surréalistes que Benderson rapporte avec humour et gravité.

En extrait, les images historiques que tout le monde a en tête lorsque l’on parle du Black Power. Tant mieux : mieux vaut ça que les fusillades ou les propos homophobes et machistes de Cleaver. Faites du sport, pas la guerre.

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