“Paperboy” de Pete Dexter (éd. de L’Olivier)

Il y a beaucoup de livres qui sortent. A tort ou à raison.
Et il y a des oeuvres.
Pas forcèment des “chef-d’oeuvres” au sens historique du terme. Juste d’excellents bouquins. Et c’est déjà beaucoup.
“Paperboy” en fait partie.
Avertissement : c’est une oeuvre “noire”.
“Paperboy”, c’est la face sombre de l’humain, des relations familiales et professionnelles. Ames sensibles, s’abstenir.
Bien sûr, je ne peux pas vous raconter l’histoire (il y en plusieurs) mais sachez que ça parle de journalisme, de relations familiales, d’amitiés professionnelles, d’amour conjugal, de compassion, de justice, de trahison, de mensonge, de meurtre, d’alcoolisme et d’homosexualité (plus ou moins refoulée).
Dexter ne présente pas “une” histoire : il en présente plusieurs. Chacune possède sa propre intensité, son propre héros. D’où l’importance de chaque personnage et de chaque récit.
Pour les littéraires, je situerais cette oeuvre entre Styron et Faulkner. Ambiance pesante, poids des conventions, ironie et humour, focalisations multiples, violence, racisme. Et quête de la Vérité ou au moins, d’une Vérité que la narration tente de construire malgré les faux-semblants.
Dexter est un excellent auteur qui prend son temps : aucune démagogie, aucune facilité. Pas du thriller au kilomètre. Un écrivain, un vrai. Qui a payé avec son corps (Dexter, ex-journaliste, ancien boxeur, a été lynché, à l’instar d’un de ses personnages). Les premières pages peuvent paraître difficiles mais ça vaut le coup de faire un effort : ce texte (paru il y a quelques années, en poche, chez l’Olivier) entre polar et roman d’apprentissage, est un événement littéraire.
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