Participation à la conférence “Premier Roman” le vendredi 5 juin 2009 à la BPI/Bibliothèque du Centre Pompidou

bpi_logo_noirLa Bibliothèque du Centre Pompidou (la Bpi, Bibliothèque Publique d’Information) organise, en partenariat avec le Festival du Premier Roman de Chambery, une soirée autour du Premier Roman le Vendredi 05 juin 2009 à partir de 19h dans la Petite Salle.

Voici la présentation officielle  :

La Bpi invite le public à venir rencontrer les jeunes auteurs qui ont participé au 22e Festival du premier roman de Chambéry, et tous ceux qui, année après année, donnent une chance au premier roman… et à l’oeuvre qui suivra peut-être !

Programme

Près de 200 premiers romans paraissent chaque année. Par delà la pluralité des textes ainsi publiés, le “premier roman” constitue en soi un phénomène éditorial, médiatique et littéraire.

Du point de vue de l’écriture et de l’écrivain en devenir, pourquoi et comment entre-t-on dans cette aventure narrative ? Comment en franchit-on les étapes jusqu’à parvenir à se faire publier, puis, peut-être, reconnaître ?

Car l’auteur n’est pas seul en jeu. D’autres acteurs indispensables interviennent dans la “fabrique” du romancier : l’éditeur, qui découvre les nouveaux talents et rend possible la diffusion du texte, les critiques littéraires, les festivals, les libraires, qui en favorisent ou non le succès, et, in fine, les lecteurs.

19h
La fabrique du romancier

Avec :
Philippe Garnier, éditeur aux éditions Denoël.
Arno Bertina, invité au 15e Festival de Chambéry pour son premier roman Le Dehors
ou La Migration des truites,
Actes Sud, 2001 et invité au 22e Festival.
Véronique Bourlon, directrice du Festival du premier roman de Chambéry.
Minh Huy, rédactrice en chef adjointe du Magazine littéraire et romancière, sélectionnée en 2008 au Festival du premier roman de Chambéry pour son roman La Princesse et le pêcheur.
Bertrand Legendre, maître de conférences à l’Université de Paris 13.
Jean-Marie Ozanne, fondateur et directeur des librairies et des éditions Folies d’encre.

Animé par Gérard Meudal

20h30
La première fois : écrire un premier roman

Avec quatre des invités du 22e festival de Chambéry :
Jean-Baptiste del Almo, auteur de Une éducation libertine, Gallimard, 2008 (Goncourt du premier roman, 2009).
Karine Henry, auteur de La Désoeuvre, Actes Sud, 2008 (sous réserve).
Gilbert Gatore, auteur de Le Passé devant soi, Phébus, 2008 (prix Étonnants voyageurs, 2009).
Kali Skander, auteur de Abreuvons nos sillons, 2008.

Animé par Gérard Meudal

Participation au Festival du Premier Roman de Chambery du jeudi 14 mai 09 au dimanche 17

festival_premier_roman_chambery

Abreuvons nos sillons est sélectionné au 22ème Festival du Premier Roman de Chambery qui se tiendra du 14 au 17 mai 2009.

Le programme complet des différentes rencontres se trouve sur le site :

www.festivalpremierroman.asso.fr

La liste des 14 auteurs francophones :
Brami Alma pour « Sans elle » au Mercure de France ; Char Yasmine « La main de Dieu » Gallimard; Declerck Patrick « Socrate dans la nuit »Gallimard; Del Amo Jean-Baptiste « Une éducation libertine » Gallimard
; Delaflotte Medhevi Anne « La relieuse du gué » Gaïa; Elkaim Olivia « Les graffitis de Chambord» Grasset; Gatore Gilbert « Le passé devant soi » Phébus; Henry Karine « La Désoeuvre » Actes-Sud; Kali Skander «Abreuvons nos sillons » Le Rouergue; Lepape Marc « Vasilsca » Galaade; Massarotto Cyril « Dieu est un pote à moi» XO; Vacca Paul « La petite cloche au son grêle »Philippe Rey; Zaoui Samuel « Saint-Denis bout du monde» L’Aube.

Autres auteurs invités : Enzo Cormann (invité d’honneur de la 22ème édition du Festival, invité pour la 20ème , Arno Bertina (venu au Festival pour la 15ème), Isabelle Jarry (venue pour la 6ème) et Véronique Olmi (venue pour la 15ème).
Auteurs de premier roman italien : Alessandro Capponi et Paola Musa
Auteur de premier roman espagnol : Mercedes Castro.

Rencontre autour des Premiers Romans au Salon du Livre de Paris le Samedi 14 mars à 15h30

selectionmairiedeparis2Participation à la rencontre, organisée par la Mairie de Paris  le Samedi 14 mars à 15h30 au Salon du Livre ( stand Mairie de Paris N° S29) , autour de Premiers Romans parus en 2008 selectionnés par les bibliothécaires et les lecteurs de la Ville de Paris. 
Les 8 auteurs suivants seront réunis autour de Catherine Fruchon-Toussaint, journaliste littéraire pour évoquer leur première œuvre.

- Alice Dekker, Les glorieuses résurrections (Arléa)

- Jean-Baptiste Del Amo, Une éducation libertine (Gallimard)

- Patrick Errard, Les enfants de la tuilerie (Séguier)

- Jean Le Gall, Requiem pour les trouillards (Séguier)

- Jean Mattern, Les bains de Kiraly (Sabine Wespieser)

- Paul Vacca, La petite cloche au son de grêle (Philippe Rey)

- Skander Kali, Abreuvons nos sillons (éditions du Rouergue)

- Sarah Chiche, L’Inachevée (Grasset)

Le lien est .

“Hunger” de Steve McQueen : La Passion selon Bobby Sands

hunger-72« Hunger » de Steve McQueen est presque le film idéal pour un réveillon de Noël : il traite de la figure du Christ.
Sa sortie aurait été parfaite pour la Pâque qui, elle, commémore un sacrifice. Et une résurrection.

Rassurez-vous, rassurons-nous : il ne s’agit pas ici d’un retour brutal du religieux. Mais plutôt d’une œuvre cinématographique qui mêle constamment histoire politique contemporaine et références chrétiennes.

« Hunger » évoque la grève de la faim qu’entreprit en 1980 Bobby Sands, un détenu irlandais membre de l’IRA, afin d’obtenir de Margaret Thatcher (dont on entend la douce voix spectrale à l’accent si châtié) le statut de prisonnier politique.
Bobby Sands, et neuf autres, moururent sans obtenir (entièrement) gain de cause.

Le réalisateur a la finesse de ne faire de son film ni une hagiographie ni même une biographie. Il dépasse les circonstances historiques de son sujet pour rechercher une forme universelle de révolte.
Le personnage de Bobby Sands n’apparaît, nommément, qu’à la moitié du film.
Le récit débute en empruntant d’abord le point de vue d’un gardien de prison, se poursuit avec celui d’un nouveau détenu lambda (qui s’engage dans l’immonde grève de l’hygiène), s’attarde brièvement sur un jeune policier anti-émeute et ne s’intéresse qu’ensuite au héros.

Celui-ci, après une âpre discussion, annonce à un prêtre, sa volonté irréductible de débuter une grève de la faim pour faire fléchir le gouvernement britannique.
L’entretien est brillant et brillamment filmé. Mais comme souvent, c’est les silences et les non-dits qui sont les plus significatifs.
Bobby Sands se présente comme catholique et républicain. Mais sa démarche n’est pas seulement révolutionnaire ou politique : elle est charnelle. Elle est corporelle. Elle est, au sens propre, au-delà des mots (dans un film où ils se font rares). Quand le prêtre lui parle de vie, de négociation et de pragmatisme, Bobby Sands répond en racontant un souvenir violent d’enfance, de course à pied et de campagne irlandaise.
Le corps, le rêve et la terre plutôt que la casuistique et la négociation.

Mais le conflit entre l’engagement politique et la parole biblique est encore plus profond. D’ailleurs symboliquement, Sands utilise les pages de du Livre des Lamentations pour se rouler un joint. La Bible n’est faite que d’encre et de papier. Lui s’intéresse aux Christ de chair, de sang et de saleté. Ceux qu’il a sous les yeux. Ses semblables au sens propre.

Ainsi, dans une scène très forte et particulièrement éloquente, Steve McQueen filme les détenus réunis dans l’église de la prison. Chevelus, barbus, amaigris et à moitié nus (voir photo), tous se ressemblent  et, surtout, ressemblent, comme deux gouttes d’eau, au Christ crucifié. Une assemblée de quasi-sosies et de clones.
Le prêtre ne peut pas faire la messe. Les détenus ne l’écoutent pas. Ils bavardent entre eux sans se soucier de lui. Le Christ n’est pas dans les sermons : il est là, démultiplié, en chair et en os, dans l’église carcérale.
Le religieux s’est incarné en une multitude indifférenciée de militants de l’IRA.

Paradoxalement, « Hunger » n’est peut-être pas un film religieux : la figure christique ne semble être qu’une étape intermédiaire de la fraternité humaine et républicaine.
Bobby Sands se retrouve dans les autres détenus et ceux-ci se retrouvent en lui : il a la certitude (correcte historiquement) que d’autres, après sa mort, « reprendront le flambeau ». C’est cette intuition, indicible (lors de l’entretien avec le prêtre), de l’identité, de la fraternité et de l’union au-delà de la mort, qui semble conférer à Bobby Sands sa force intérieure.
Il sacrifie son corps car il sait que celui-ci ressuscitera dans le(s) corps de la nation irlandaise. Passage du corps individuel et physique au corps politique et multiple. D’un corps vidé de sa chair par la faim à une âme désincarnée. Une forme de résurrection.
Autrement dit, Bobby Sands est républicain parce que catholique. Et inversement.
Le révolutionnaire est un mystique qui ne s’ignore pas toujours.

Un film parfois insoutenable, au discours finalement modéré, qui relève moins d’un engagement tarte-à-la-crème que d’un questionnement très contemporain du corps, de l’individu, du collectif et de l’Histoire. Sans oublier une esthétique du détail (scène de la mouche dans le grillage), de la lumière (souvent carcérale) et des couleurs (très années 80) parfaitement maîtrisée qui donne à ce film une efficacité et une sobriété remarquable.

Page suivante »